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Valais : « Il ne faut pas laisser l’enfant devenir une arme au service d’un parent »

09 October 2026 3 min de lecture
Valais : « Il ne faut pas laisser l’enfant devenir une arme au service d’un parent »

En Valais, la séparation des parents ne doit plus être un match avec un gagnant et un perdant. Dans Le Nouvelliste, la juge belge Marie-France Carlier, pionnière du « consensus parental », explique une méthode qui place l’enfant au centre et qui sera généralisée à tout le canton dès 2027.

Ce que dit l’article

Selon Le Nouvelliste, la probabilité qu’un mariage se termine par un divorce s’élevait à 42 % en Valais en 2024. Pour les séparations conflictuelles, le canton mise sur le modèle de consensus parental. Marie-France Carlier, juge de la famille et de la jeunesse en Belgique, a mis ce modèle en place dès 2012 dans sa juridiction et a accompagné son application en Valais lors du projet pilote de Monthey. Elle s’exprimait à Sierre, en marge d’un colloque organisé à la HES-SO.

Le parcours valaisan est résumé ainsi par le journal :

  • 2020 : lancement d’un projet pilote à Monthey pour appliquer la méthode de consensus parental.
  • Deux ans plus tard : la méthode est appliquée dans les districts de Martigny, de Saint-Maurice et d’Entremont.
  • 2024 : le Service cantonal de la jeunesse publie un rapport d’évaluation.
  • Dès 2027 : la méthode sera généralisée dans tout le canton.

Plusieurs phrases de la magistrate résument l’esprit de la démarche :

« Il ne faut pas laisser l’enfant devenir une arme au service d’un parent. »

« Nous ne sommes pas dans une logique où un parent l’emporte sur l’autre. »

« Au moment de la séparation, même les parents habituellement capables de gérer leurs émotions peuvent être submergés. »

Elle salue aussi un point concret du dispositif valaisan : les cinq heures et demie de médiation gratuite offertes aux parents.

La lecture du MPEJ

Le MPEJ défend une idée simple : un enfant a besoin de ses deux parents, et la séparation du couple ne doit pas devenir la séparation de l’enfant d’avec l’un d’eux. Le consensus parental va dans ce sens. Il sort la procédure de la logique du combat, il fait travailler les parents ensemble plutôt que l’un contre l’autre, et il considère l’enfant comme une personne à protéger, pas comme un enjeu à gagner.

La phrase de la juge Carlier sur l’enfant transformé en arme décrit une réalité que connaissent bien de nombreuses familles séparées : l’enfant pris en otage du conflit, les contacts coupés avec un parent, les mois perdus pendant que la procédure s’enlise. Chaque semaine de rupture laisse des traces. Une justice familiale qui agit tôt, avec de la médiation accessible et des professionnels formés, protège mieux l’enfant qu’une décision rendue après des années de tensions.

Le Valais montre qu’un canton peut changer de méthode pas à pas, en commençant par un district pilote puis en évaluant les résultats avant d’étendre le dispositif. Le MPEJ souhaite que les autres cantons romands, à commencer par Vaud et Genève, étudient de près cette expérience et le rapport d’évaluation valaisan.

Source : Le Nouvelliste, « Séparations parentales en Valais : “Il ne faut pas laisser l’enfant devenir une arme” », interview de Marie-France Carlier par Justin Grept, photo Sacha Bittel, publiée le 9 octobre 2026. Article réservé aux abonnés.

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