Le 16 octobre 2026, au Centre œcuménique de Vassin à La Tour-de-Peilz, le Mouvement Parents, Enfants, Jeunesse (MPEJ) a présenté ses constats sur la protection de l’enfance dans le canton de Vaud. Nous publions aujourd’hui notre présentation en vidéo, le dossier complet de 388 pages et la présentation de Me Benoît Sansonnens, « Touche pas à mon fric ! ».
Notre présentation en vidéo
En six minutes, la vidéo résume ce que le MPEJ observe depuis des années : un écart important entre les missions officielles de la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ) et ce que vivent réellement les familles et les professionnels.
- Sur les dix plans d’action annoncés en 2018 après le rapport du juge fédéral Claude Rouiller, quatre seulement ont clairement été mis en place.
- L’enveloppe de 80 millions de francs de la politique socio-éducative 2024-2028 n’a pas corrigé les dysfonctionnements de fond.
- Un assistant social pour la protection des mineurs (ASPM) suit officiellement environ 60 dossiers. Sur le terrain, c’est souvent 65 à 80.
- Avec les listes d’attente à l’UEMS puis aux points rencontre, un enfant peut être privé de l’un de ses parents pendant un à deux ans.
La vidéo présente aussi nos propositions : moins de dossiers par professionnel, une formation adaptée dès l’engagement, une instance de contrôle indépendante de la DGEJ, l’enregistrement des entretiens avec l’accord de chacun, une vraie médiation entre les familles et l’institution, et l’intérêt supérieur de l’enfant au centre de chaque décision. Elle rappelle enfin la responsabilité politique du conseiller d’État Vassilis Venizelos, chef du Département de la jeunesse, de l’environnement et de la sécurité (DJES), et annonce que le MPEJ s’opposera à sa réélection en février 2027.
Le dossier complet DJES/DGEJ
Le dossier réunit 18 documents en un seul fichier de 388 pages. Il sert de base à nos démarches auprès du Grand Conseil vaudois et de sa Commission de gestion (COGES). Il compte quatre parties :
- A. Démarches du MPEJ : notre dossier au Grand Conseil (synthèse, analyse et demandes du 2 octobre 2026), la lettre du 28 avril 2025 qui demande la démission de Mme Manon Schick, l’argumentaire détaillé de 17 pages et la pétition.
- B. Réponses des autorités : la réponse de la COGES du 30 septembre 2026 et la réponse du Conseil d’État aux observations de la COGES pour l’année 2025.
- C. Contexte et presse : un article de presse du 15 mai 2025 et le plan d’actions annoncé par le Conseil d’État en septembre 2018.
- D. Pièces de référence : missions et organigramme de la DGEJ, cahiers des charges des ASPM et des responsables de mandats d’évaluation, guide d’évaluation du danger, rapport Rouiller (184 pages), brochure aux parents et rapport d’activité 2023 de la DGEJ.





1 / 6Ce que montre le dossier
- Les réformes qui ont suivi le rapport Rouiller ont surtout porté sur l’administratif : formulaires, trames informatiques, recueil d’informations.
- La charge de travail réelle dépasse les chiffres annoncés. Il reste trop peu de temps pour les entretiens avec les enfants et les familles.
- Une grande partie des intervenants n’a pas de formation de base centrée sur l’enfant. Le CAS ou le DAS exigé dans les cinq ans suivant l’engagement le confirme.
- Aucun organe de contrôle indépendant ne surveille la DGEJ, ce qui laisse le champ libre au biais d’ancrage et au biais de confirmation.
- L’audit de suivi n° 90 de la Cour des comptes (décembre 2025) relève lui aussi des faiblesses de gouvernance : diagnostics de mise en danger pas toujours clairs, informations incomplètes transmises à la justice, contrôle hiérarchique trop souvent oral.
- Dans sa réponse de mai 2026, le Conseil d’État renvoie une grande partie des solutions à 2026 et 2027, notamment le futur Dossier unique de l’enfant (DUNE), alors que la COGES demande des mesures immédiates.
Le dossier rappelle aussi notre pétition 24_PET_8 pour un organe de contrôle indépendant, déposée le 25 juin 2024 avec environ 720 signatures et classée par le Grand Conseil le 1er avril 2025. Il pose 35 questions à la direction de la DGEJ et formule 14 propositions concrètes, dont une instance de médiation entre les familles et la DGEJ et un tribunal de la famille. Dans son courrier du 30 septembre 2026, la COGES nous a informés que notre lettre du 2 septembre était inscrite à l’ordre du jour de sa prochaine séance.
« Touche pas à mon fric ! », la présentation de Me Benoît Sansonnens
Lors de la même conférence, Me Benoît Sansonnens, avocat à Fribourg, a parlé de la question financière dans le droit de la famille. Sa présentation part des règles du Code de procédure civile et montre comment elles pèsent sur les parents :
- Les frais judiciaires comprennent les expertises et la représentation de l’enfant (art. 95 CPC). Ils sont en général partagés par moitié entre les parents (art. 107 CPC).
- L’assistance judiciaire n’est pas gratuite. Elle doit être remboursée (art. 123 CPC), dans le canton de Vaud souvent par acomptes de CHF 50 par mois dès le début du procès.
- Un avocat de l’enfant est désigné dans presque chaque procédure. À Fribourg, il bénéficie d’un tarif de CHF 250, contre CHF 180 pour les autres avocats au tarif de l’assistance judiciaire.
- Une expertise pédopsychiatrique coûte entre CHF 18’000 et 30’000.
- Avec le volet pénal, la facture totale dépasse souvent CHF 100’000, pour un résultat qui détruit la famille.
La chanson du Cabaret Chaud 7 citée en conclusion est à écouter sur YouTube.
À voir aussi
- L’interview de Me Benoît Sansonnens par Agora TV Suisse
- La première partie de la conférence, filmée par Agora TV Suisse
- Notre communiqué de presse du 23 octobre 2026
Vous êtes parent et vous vivez une situation semblable ? Écrivez-nous. Chaque témoignage aide à montrer que ces situations ne sont pas isolées.
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