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Zurich : une ado avoue avoir inventé les abus qui ont envoyé ses parents en prison

08 September 2026 3 min read
Zurich : une ado avoue avoir inventé les abus qui ont envoyé ses parents en prison

À 19 ans, une jeune femme a reconnu devant la justice zurichoise que les accusations de violences physiques et d’abus sexuels qu’elle avait portées, à 14 ans, contre sa mère et son beau-père étaient inventées de toutes pièces. Entre-temps, les deux adultes avaient été arrêtés, condamnés par deux instances successives et avaient passé vingt mois derrière les barreaux. C’est ce que rapporte la « Tribune de Genève » dans une enquête de René Laglstorfer, correspondant du « Tages-Anzeiger » à Zurich, publiée le 8 septembre 2026.

Les faits, tels que les résume le journal, tiennent en quelques lignes glaçantes. Une adolescente accuse ; les parents sont arrêtés ; une équipe d’experts juge son récit « très probablement crédible » ; deux tribunaux condamnent. Des années plus tard, la jeune femme confie au juge qu’à 14 ans, elle « voulait simplement avoir sa liberté ». Le Canton de Zurich doit désormais faire face à d’importantes demandes de réparation morale.

Le MPEJ ne relaie pas ce cas pour jeter le doute sur la parole des enfants. Les statistiques des cliniques pédiatriques suisses, que nous avons commentées cet été, rappellent que la maltraitance réelle reste massive et largement sous-déclarée. Mais cette affaire montre l’autre face du même système : lorsque la chaîne de protection s’emballe, elle peut broyer des innocents avec la même force qu’elle est censée protéger les victimes.

Ce qui interpelle ici, c’est moins le mensonge d’une adolescente que l’absence de contre-pouvoir à chaque étape. Une expertise de crédibilité a validé un récit inventé. Deux instances judiciaires l’ont suivie. Personne, semble-t-il, n’a été en mesure d’arrêter la mécanique avant que vingt mois de détention ne soient purgés. C’est précisément ce que le MPEJ dénonce depuis des années : des intervenants dont les conclusions pèsent lourd sur le destin des familles, sans organe indépendant de contrôle ni véritable expertise contradictoire.

Une erreur judiciaire de cette ampleur n’a pas qu’un coût pour les adultes condamnés à tort. Elle a aussi un coût pour l’enfant devenue adulte, qui devra vivre avec ce qu’elle a déclenché, et pour la crédibilité de toutes les victimes qui, demain, oseront parler. Pour le MPEJ, elle plaide pour une réforme de fond : surveillance des intervenants de la protection de l’enfance, expertises réellement contradictoires et une justice familiale qui prenne le temps de vérifier avant de trancher.

Source : Tribune de Genève — « Erreur judiciaire à Zurich : une ado admet avoir inventé les abus qui ont envoyé ses parents en prison », par René Laglstorfer, publié le 8 septembre 2026. Article réservé aux abonnés.

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